David Nalbandian a annoncé mardi soir qu’il prenait sa retraite sportive à cause d’une blessure persistante à l’épaule. C’est une forte personnalité qui va quitter les courts, comme il en existe tant d’autres dans le milieu du tennis. Voici une sélection des plus caractérielles d’entre elles.

Le tennis est devenu plus lisse et aseptisé, les comportements déviants de la bienséance et du fair-play sont sanctionnés plus lourdement qu’avant. Sur le circuit, rares sont les joueurs qui expriment encore leurs émotions. David Nalbandian faisait partie de ceux-là, alors comment ne pas évoquer son coup de sang le plus marquant : un violent coup de pied blessant un juge de ligne, qui lui a valu une disqualification lors de la finale du tournoi du Queen’s en juin 2012. Novak Djokovic s’est, lui, calmé depuis qu’il possède l’étiquette de numéro un mondial, mais cela ne l’empêche pas de sortir de ses gonds de temps en temps. Souvenez-vous, en finale de Roland Garros 2012, “Nole” pétait un câble et défonçait son banc devant un central parisien stupéfait. Sur les courts, il reste encore quelques casseurs comme Marcos Baghdatis, recordman du monde du nombre de raquettes cassées, quatre, dans un espace temps restreint (25 secondes). Face à lui, Mikhail Youzhny est un concurrent de taille. Lui, ne casse pas quatre raquettes mais il ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit d’en détruire une. Un véritable acharnement !

Chez les filles, deux joueuses ont un caractère bien trempé. Serena Williams est plutôt du genre à péter des câbles avec “cassage” de raquette en règle assorti d’un sang froid glacial. Martina Hingis, elle, ne lâche jamais un point même si elle a tort. En finale, à Roland Garros, en 1999, la Suissesse va passer de l’autre côté du filet pour montrer la trace de sa balle. Résultat: un avertissement et les foudres du public !

Si l’on jette un coup d’oeil dans le rétro, il est impossible de ne pas mentionner le grand Marat Safin, râleur né, teneur de cheville pour les arbitres, mais un personnage attachant et surtout un grand joueur. A l’époque où les couloirs de double n’existaient pas, John McEnroe, Ilie Nastase et Jimmy Connors faisaient le spectacle avec leur mauvaise foi légendaire. Qui n’a jamais vu une image de Connors et McEnroe argumentant pendant des minutes autour de l’arbitre, ou nez contre nez pour la victoire d’un point… Ilie Nastase, sous ses airs de drôle, dissimulait un personnage tout aussi colérique quand la compétition prenait le dessus. En 1979, à l’US Open, le Roumain affronte McEnroe dans un match mémorable. Nastase conteste toutes les décisions litigieuses de l’arbitre et prend un jeu de pénalité pour son mauvais comportement alors que McEnroe perd du temps à chacun de ses engagements. Les spectateurs se battent dans les tribunes et insultent l’arbitre pour cette décision. Le joueur roumain refuse de rejouer et l’arbitre le disqualifie. Le directeur du tournoi va alors entrer sur le court pour invalider la décision de l’arbitre et relancer le match qui se concluera, dans la confusion, par une victoire de McEnroe. Un match rendu fou par l’entêtement des deux joueurs. On en serait presque à regretter ce temps-là…