Fleuri et souvent très imagé, le jargon du cyclisme regorge d’expressions savoureuses. Avant le départ du Tour, on vous en propose certaines.

A.

Arroser les fleurs : Satisfaire ce fameux besoin naturel.

Avoir la socquette en titane : Faire parler sa puissance avec son coup de pédale.

Avoir du monde sur le toit : Signifie, qu’à la suite d’une chute, un certain nombre de coureurs gisent au sol, au milieu des vélos.

B.

Bâcher : Abandonner, mettre les clignotants.

C.

Courir en rat  / Courir en raton: Expression peu flatteuse qui affuble le coureur qui profite du travail des autres sans rendre la pareille.  Celui-ci est alors surnommé ratagas (prononcez ratagasse).

D.

Descendre comme une caisse à savon : Descendre de façon inconsciente et dangereuse. Ou alors, a contrario, descendre en marquant beaucoup d’hésitation dans les virages, les mains crispées sur les poignées de frein. S’appliquait à David Moncoutié à une époque. Mais ça se soigne : la preuve avec Thibaut Pinot.

E.

Emmener la bracasse : Utiliser un développement important, avec grand plateau et petit pignon (56 x 11 par exemple). Seuls les coureurs les plus costauds peuvent emmener un tel développement.

Enterrement de première classe : C’est une expression qui qualifie un groupe composé de favoris piégé à l’arrière de la course et qui n’a plus aucune chance de s’imposer. Ce peloton se désintéresse de l’échappée et renonce donc à jouer la victoire.

F.

Fumer la pipe : Quand un coureur en grande forme jure avec le reste du groupe, il fume la pipe.  Autrement dit pédaler sans montrer le moindre signe de fatigue.

Faire dégueuler sa bouillie : Attaquer sans cesse pour faire lâcher un ou des compagnons d’échappée. En revanche, les coureurs actuels ne mangent plus de bouillie avant les courses. Il ne faut donc pas prendre cette expression au sens littéral du terme.

M.

Manger la luzerne : Chuter et finir sa course dans un champ, ou dans l’herbe.

 Mettre un pétard mouillé : Tenter une attaque inefficace.

Mettre la barbiche : S’imposer au sprint d’un cheveu. Enfin, d’un poil si vous préférez.

P.

“On les a pris dans le pare-brise.” : Expression de directeur sportif utilisée quand un coureur se fait lâcher par le peloton et doubler par les voitures suiveuses.

Passer le coude : Expression souvent réservée aux sprinters. Lors d’une arrivée massive, un coureur qui frotte passe le coude. Souvent pour écarter ou empêcher un adversaire de prendre le dessus.

Pédaler avec les oreilles : S’utilise pour le coureur qui manque de style dans l’effort, de fluidité dans le coup de pédale et qui balance sa tête de droite à gauche tout en pédalant. Synonyme : Scier du bois. (Un peu comme cette imitation quelque peu exagérée de Thomas Voeckler à 0’55″)

R.

Ramasser les casquettes : Quand un coureur ou une équipe fait seulement acte de présence sur une course cycliste. Sans avoir joué le moindre rôle. Cette expression s’appliquait aussi à la formation qui remportait le classement par équipes d’un grand Tour. Celle-ci se différenciait avec le port de casquettes jaunes.

Rester en croustille : Se retrouver seul, lâché, à l’arrière d’une course.

Rouler en chasse patates : Se situer entre deux groupes sans parvenir  à rattraper le premier. Souvent, un coureur qui roule en chasse patate figure entre l’échappée et le peloton.

S.

Saler la soupe : Faire l’usage de produits dopants. Un coureur suspecté, au regard “chargé” avant le départ d’une course, est également accusé d’allumer les phares. Tout le contraire de l’expression carburer au pain et à l’eau claire.

Se rebecqueter : Reprendre des forces, après être passé proche de l’abandon. Il existe auss se faire rebecqueter qui signifie se faire reprendre par le peloton.

Sucer la roue : Se placer derrière un coureur, en refusant de prendre le moindre relais.  Synonyme de manque de panache, cette expression permet à ceux qui en usent de  se protéger du vent par exemple, et donc de produire un minimum d’efforts. Parmi les leaders du mouvement, on retrouve actuellement Cadel Evans en première ligne. Enfin, façon de parler. Avant lui, Fernando Escartin était réputé pour être un partisan du moindre effort.

V.

Virer comme une cathédrale : Eprouver les pires difficultés dans les virages.