Disqualifié pour avoir enlevé son maillot pour célébrer son succès lors du 3000 m steeple ce jeudi soir, Mahiédine Mekhissi-Benabbad n’est définitivement pas un athlète comme les autres.

Une décision forcément amère pour celui qui fut champion d’Europe à plusieurs reprises dans les disciplines du 1 500 et 3 000 m steeple. Ce n’est pourtant la première fois que Mahiedine Mekhissi fait parler de lui pour autre chose que ses chronos canons. Il faut dire que le Français s’est montré colérique à plusieurs reprises.

Altercation avec Medhi Baala

Le 22 juillet 2011, il échange coups de tête et coups de poing avec Medhi Baala sur la piste à l’issue de l’épreuve du 1 500 mètres lors du meeting de Monaco. Les deux coureurs écoperont de dix mois de suspension, dont cinq avec sursis et d’une mise à l’épreuve de trois ans.

Accrochage avec… la mascotte

Un an plus tard, l’athlète est à nouveau hors de lui. Ce 29 juin 2012, le Rémois remporte l’épreuve du 3 000 m steeple aux championnats d’Europe à Helsinki et conserve ainsi son titre. Pourtant, une fois la ligne passée, il passe ses nerfs sur la mascotte de la compétition située à quelques mètres de là. Le Français s’approche, tape violemment dans la main de la peluche et la pousse violemment des deux bras. A l’intérieur du costume, une adolescente de 14 ans vacille.

Plainte d’un responsable du CREPS qui l’accuse d’agression

Une nouvelle fois, l’agressivité à fleur de peau, semble avoir joué des tours au champion rémois, lequel a dû s’expliquer après un dépôt de plainte d’un responsable du haut-niveau du CREPS (Centre de ressources, d’expertise et de performance sportives) de Reims avec lequel, il aurait eu une violente altercation fin 2012.
Choqué psychologiquement, le cadre du CREPS se serait fait prescrire un arrêt de travail de huit jours :  “Monsieur Mekhissi discutait avec un collègue lorsqu’il s’est jeté sur moi, m’a saisi au cou”, a déclaré le plaignant avant que Mekhissi, niant l’altercation, dépose lui aussi une main courante : “Mon avocat va demander une contre-expertise car je ne comprends pas comment on peut donner huit jours d’arrêt de travail alors qu’il n’y a eu aucun coup, aucune marque. Cette personne sait que je suis sous le coup d’un sursis pour l’affaire de Monaco. Vous me voyez taper quelqu’un alors que j’ai trois ans de mise à l’épreuve”.

L’altercation entre les deux hommes viendrait d’un emploi au CREPS de Reims pour lequel le frère de Mekhissi aurait postulé sans succès. Mais cette fois-ci, le double vice-champion olympique français a évité de passer devant le juge. Il a trouvé un accord avec le plaignant lors de la première réunion de médiation organisée par le procureur de la République. La plainte et surtout le procès ont pu être jetés aux oubliettes.

Disqualifié pour avoir retiré son maillot avant l’arrivée

Dernier épisode pour l’athlète français, sa malheureuse élimination du 3 000 mètres steeple ce jeudi soir. Vainqueur sportivement, Mahiedine Mekhissi a été disqualifié pour “comportement antisportif”, pour avoir retiré son maillot dans la dernière ligne droite. Rejetée une première fois, la demande espagnole a finalement été acceptée en appel.

Une décision qui fait encore couler beaucoup d’encre. Dans la confusion la plus totale, son compatriote Yoann Kowal, second, hérite donc de la médaille d’or après une réclamation des Espagnols.

 

Malgré un véritable engouement pour l’athlétisme, les supporters français tardent encore à accorder à Mahiedine Mekhissi, la reconnaissance qu’il mérite. Double médaillé olympique (2008-2012), double champion d’Europe (2010-2012), médaillé au Mondial 2011, le Français présente pourtant un des plus beaux palmarès de l’histoire de l’athlétisme français. Une question d’image, forcément.