“Ne courez pas à côté des coureurs !” Et surtout, ne les touchez pas… Au risque de fausser complètement la course. Pas seulement en filant un coup de main illicite à ceux qui profitent des poussettes mais surtout en risquant de provoquer une chute. Samedi, à trois kilomètres du sommet du monte Zoncolan et de l’arrivée de la 20e étape du Tour d’Italie, Francesco Bongiorno (Bardiani) a vu la potentielle plus grande victoire de sa carrière s’envoler ainsi.

En tête de la course avec Michael Rogers, l’Italien a perdu l’équilibre lorsqu’un spectateur l’a poussé, provoquant un contact entre sa roue avant et celle de l’Australien, finalement vainqueur. “J’ai perdu le rythme et ma concentration, a raconté Bongiorno à l’arrivée. Les supporters font notre force mais ils doivent nous respecter.” À la lutte pour la victoire après 160 kilomètres d’efforts à l’avant de la course, le jeune Italien a fini troisième de l’étape derrière le vétéran Franco Pellizotti. Il avait l’occasion de lever les bras pour la première fois depuis qu’il est passé pro, l’an dernier, et ce sur un col mythique.

Ce n’est pas la première fois que les spectateurs viennent frustrer leurs champions par leur imprudence. Parmi les cas les plus célèbres, il y a celui de Giuseppe Guerini, finalement vainqueur à l’Alpe d’Huez en 1999 après avoir eu une grosse frayeur sous la flamme rouge : un photographe imprudent l’avait projeté à terre. Pour éviter pareilles mésaventures, certains supporters prennent des mesures radicales, comme celui-ci, vendredi, lorsque Fabio Aru affrontait l’ascension contre-la-montre du monte Grappa.