Entre joueurs et grand public, c’est généralement le jeu du “je t’aime, moi non plus”. Lorsqu’ils sont auteurs de bonnes prestations, ils font se lever des stades entiers, on écrit des banderoles en leur honneur, on chante à leur gloire. Mais toutes les histoires d’amour peuvent tourner au vinaigre. Et si on les aime, on adore également détester les footballeurs. Notamment lorsqu’ils ne se montrent pas irréprochables dans leur comportement. Sur le terrain. En dehors. Voire les deux.

Haïs, détestés, exécrés par les supporters, les adversaires, voire les entraîneurs, nous avons désigné onze footballeurs en activité qui ne peuvent pas entrer dans un stade sans se faire copieusement siffler par les supporters adverses. Beaucoup disent qu’ils ne l’ont pas volé. On vous laisse le soin en juger.

1. LES “BOUCHERS”

Sur les terrains de football, il y a les artistes d’un côté, les bouchers de l’autre et beaucoup de gens entre les deux. Intéressons nous aux bouchers. Ceux-ci peuvent être agressifs, maladroits voire violents. Ils s’appellent Brandao, Pepe, Barton, De Jong ou encore Spahic. Petit florilège des gentlemen qu’il est bon d’éviter sur une pelouse.

Brandao

Oubliez Ronaldo, Pelé, Romario, Zico, Bebeto, Rivaldo ou encore Neymar. Le Brésilien de Bastia ne fait pas partie de la grande lignée des Brésiliens à la fine technique et aux gestes de grande classe. Brandao, est lui plutôt considéré comme le bourrin de service. D’où les moqueries et son surnom lorsqu’il jouait à Marseille : “la Tortue géante”. Robuste (1,89 m, 80 kg), le joueur n’a jamais fait l’unanimité malgré des statistiques honorables. Et pour cause, il n’hésite pas à user de coups de tête, coups de coude, tacles à retardement sur son défenseur.

Mais cette fois-ci, ce fut peut-être le coup de tête de trop. Sorti à un quart d’heure de la fin du match entre le PSG et Bastia (2-0), Brandao a profité du retour de Thiago Motta dans les vestiaires pour lui assener un violent coup de boule avant de s’enfuir la queue entre les jambes. Résultat : fracture du nez pour le Parisien. Pas de quoi redorer l’image du joueur…

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Pepe

Ils seront très peu nombreux à le regretter lorsqu’il annoncera la fin de sa carrière. Des attentats, le défenseur du Real Madrid en a commis un paquet. Le défenseur portugais pourrait être confondu avec l’ancien champion d’UFC Wanderlei Silva, tant ses coups ont été violents. Pepe se sent sur sa pelouse comme sur un ring, et ce n’est sûrement pas Lionel Messi et Neymar qui diront le contraire .

Isolé, mal-aimé, le défenseur du Real Madrid exaspère de plus en plus son monde. L’agressif Portugais ne fait même plus l’unanimité chez les socios des Merengue.
Son entourage aurait déclaré, au début de sa carrière, que Pepe s’entraînait à tacler sur le carrelage de sa maison, et continuait jusqu’à ce qu’il ait les genoux en sang. Tout s’explique…

Joey Barton

Le bad boy anglais par excellence. Joey Barton en incarne tous les clichés compressés dans 180 centimètres et 70 kilos. Le milieu de terrain anglais est connu depuis des années pour son tempérament et ses excès de colère tant sur les terrains qu’en dehors. On ne compte plus ses agressions sur Tevez, Agüero, Kompany, Gervinho… Suspendu douze matches par la Fédération Anglaise lors de la saison 2011/12, il collectionne également les bastons en dehors de la pelouse. À force de confondre Ousmane Dabo et un jeune Anglais avec ses punching-balls, Barton a fini par atterrir en prison. Si le visage tuméfié du Français n’a coûté que quatre mois de sursis à l’ancien Marseillais, la seconde agression l’a envoyé deux mois derrière les barreaux.

Le milieu de terrain avait essayé de se refaire une réputation en venant à Marseille. Le joueur avait déclaré vouloir “être un exemple” pour la jeune génération. Mais Joey est resté un enfant terrible d’une autre façon, plus présentable . Au crépuscule de sa carrière, reste l’image d’un Barton comme le mélange parfait entre Paul Gascoigne et Vinnie Jones.

Nigel de Jong

Le Néerlandais Nigel De Jong fait partie de ces joueurs considérés comme des véritables casseurs de jambes. Des joueurs qui taclent toujours à retardement et blessent joueur sur joueur. Son nom rappelle sa prise de Kung-Fu sur Xabi Alonso lors de la finale de la Coupe du monde 2010 où il avait mis un coup de pied au niveau du plexus de l’Espagnol… Son nom peut aussi rappeler son attentat le plus grave, celui sur le Français Hatem Ben Arfa. Un tacle, encore un, en retard, encore une fois, une jambe cassée, encore une… Double fracture du tibia-péroné

Tout au long de sa carrière, Nigel de Jong a cultivé sa réputation de joueur violent et ultra-agressif. En Bundesliga (à Hambourg entre 2006 et 2009), il fut rapidement surnommé la “tondeuse”, en référence à ses nombreux tacles et interventions à la limite de la régulière. Aujourd’hui au Milan AC, le mur qu’il constitue devant la défense n’est pas près de se fissurer et ce ne sont pas ses adversaires qui penseront le contraire .

 

Emir Spahic

Trois ans après son départ de Montpellier, Emir Spahic ne s’est pas calmé. “Il avait ces sautes d’humeur, ces gestes totalement absurdes”, se souvient son partenaire dans l’Hérault Geoffrey Dernis.

En deux saisons en Ligue 1, Emir Spahic a accumulé les suspensions et les coups tordus sur les terrains. Son dernier fait d’armes en France, un coup de coude infligé au Lensois Isaam Jemâa en 2011, lui a valu une suspension de sept matches et un départ tendu de Montpellier. “C’est une phase où tout nous tombait dessus, on en avait fait beaucoup autour de tout ça, se souvient René Girard, alors entraîneur de la formation héraultaise. C’est un garçon pas toujours facile à cerner. Il peut être dans l’excès rapidement mais c’est un super joueur. “D’où les regrets.

S’il était davantage maître de ses nerfs, le capitaine de la sélection bosnienne aurait pu connaître une carrière encore plus intéressante. À Leverkusen, où il est arrivé à l’été 2013, personne ne doute de son talent, il est titulaire indiscutable depuis son arrivée. Il sait aller là où ça fait mal. Ils sont nombreux à pouvoir le confirmer.

2. LES “TRUQUEURS”

Quand ils en auront fini avec le ballon rond, certains footballeurs auront une reconversion sportive toute trouvée dans une autre discipline olympique : le plongeon. Il fut un temps où les joueurs restaient debout contre vents et marées, contre croche-pattes et coups de tatane. Bien sûr, il y a souvent faute (ou pas). Mais l’art de la simulation s’est tellement répandu qu’il est difficile faire la part des choses. À croire que les joueurs sont tentés de feindre ou d’exagérer l’accrochage avec un de leurs adversaires.

Mathieu Valbuena

Mathieu Valbuena doit faire avec. L’international français traîne de longue date une réputation de plongeur. À force de roulades et de cris si caractéristiques, Valbuena est parvenu à déstabiliser les arbitres autant que l’opinion.

Souvent décisif sans faire usage d’artifice, Mathieu Valbuena a eu du mal à se faire une place chez les grands. “Petit vélo” (son surnom) ce joueur atypique, loin des standards modernes avec son 1,67m, Mathieu Valbuena assure avoir évolué. Au micro de Canal+ en février dernier, le nouveau joueur du Dynamo Moscou s’est lancé dans une véritable autocritique. “Quand je regardais les images, ça pouvait effectivement agacer. J’ai mis de l’eau dans mon vin pour moins en rajouter.” Une belle intention dont on peut aussi retenir qu’elle a forme d’aveu.

 

Sergio Busquets

L’archétype du joueur vicieux. Adepte des furtifs coups de coude sur corners, des semelles sur ses adversaires lorsque l’arbitre est de dos, et des provocations par les mots. Sans oublier les vilaines simulations. Le pire, c’est que celles-ci sont généralement très grossières. Dans le genre actor’s studio, on ne fait pas mieux en Espagne. Lors de la rencontre Barça – Inter en Ligue des champions en 2010, Busquets s’est même payé le luxe de jeter un coup d’oeil pour voir la réaction de l’arbitre. Malice qui n’est pas passée inaperçue au niveau des caméras. Toujours est-il que Thiago Motta s’est souvenu de cette action, qui lui valut un carton rouge.

Considéré comme l’un des meilleurs milieux de sa génération, Busquets exaspère les supporters qui n’aiment pas ceux qui trichent, surtout quand ils ont le talent pour se passer de fraude.

3. LES “ARROGANTS”

Des joueurs à l’ego surdimensionné, il y en a pléthore. Ils ont une arrogance à toute épreuve et rarement la victoire modeste. De Samuel Eto’o à Arjen Robben, Mario Balotelli, Nicklas Bendtner en passant par l’inévitable Zlatan Ibrahimovic. Mais ils sont deux à cristalliser toutes les attentions : Patrice Evra et Cristiano Ronaldo.

Patrice Evra

Il restera à jamais comme le symbole de cette équipe de France qui, lors de la Coupe du monde 2010, a refusé de s’entraîner pour faire la “grève du bus”. Evra, c’est l’un des principaux mutins de Knysna. Le chasseur de traîtres, aussi. Plus récemment, il s’est fendu de fracassantes déclarations pour les caméras de Téléfoot , s’attaquant directement à Rolland Courbis, Luis Fernandez et Pierre Ménès. Son crédit en France est assez éloigné de celui que lui ont accordé les supporters mancuniens.

Cristiano Ronaldo

Aimez-le ou détestez-le, Cristiano Ronaldo n’en a que faire. Arrogant au naturel mais toujours entier. Il pense être le meilleur joueur du monde et il sait le montrer. Ronaldo semble même être convaincu qu’il est le point focal du monde du football. Le plus remarquable c’est qu’il arrive même parfois à nous y convaincre. Il est exact qu’il sait manier la balle avec un certain talent .

HORS CATEGORIE

Samir Nasri

Le mal-aimé. Aujourd’hui à Manchester City, le “petit prince” cultive sa singularité et fait débat. Depuis l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche, c’était devenu l’enfant terrible de l’équipe de France. Critiqué par ses partenaires durant la compétition pour son trop-plein d’individualisme sur le terrain, il s’était aussi fait remarquer pour avoir insulté un journaliste venu l’interroger sur l’élimination des Bleus en 2012.

Samir Nasri, qui n’a jamais cru en ses chances de disputer la Coupe du monde au Brésil, s’en est pris au public français qui jalouserait les footballeurs gagnant trop d’argent, “surtout s’ils sont issus d’une communauté“. Des propos forts, recueillis par le Telegraph, qui ne manqueront pas de susciter la polémique. Depuis, l’ancien Marseillais l’a affirmé dans The Guardian : il ne portera plus le maillot de la sélection.

BONUS : Il aurait pu être dans toutes les catégories…

Luis Suarez

C’est fut certainement l’un des joueurs les plus détestés de Premier League avant son départ cet été pour le FC Barcelone. Il faut dire que l’attaquant uruguayen fait tout pour. Affaire Evra, morsure sur Ivanovic (“boucher”), plongeon devant le banc adverse pour célébrer un but (et chambrer David Moyes alors à Everton) (“arrogant”), quelques simulations (“truqueur”)… Attaquant diablement efficace, Luis Suarez est aussi détesté par son comportement quelquefois exécrable voire incompréhensible. Un joueur de génie mais malheureusement autant capable de sortir de ses matches que de les enflammer. Cette saison, le joueur ne semble pas avoir gagné en maturité. En témoigne un sa “morsure” sur l’Italien Giorgio Chiellini lors du match Italie-Uruguay (0-1) lors du Mondial brésilien. Résultat : 4 mois de suspension pour l’Uruguayen. Il pourrait ainsi commencer par un Clasico face au Real Madrid à Santiago-Bernabeu dans le cadre de la 9e journée, si cette rencontre est programmée le dimanche 26 octobre.

Wissem MEBTOUL