Le FC Nantes a fait son retour en Ligue 1 après quatre saisons passées à l’échelon inférieur. Les “Canaris” font plaisir à voir sur et en dehors du terrain. Le BUZZ a trouvé les raisons qui font que Nantes n’est pas vraiment un club comme les autres.

Le club qui ne se prend pas au sérieux

Sur les bords de l’Erdre, le rire jaune a laissé place aux franches rigolades. Lors de son arrivée dans la plat pays nantais en 2007, Waldemar Kita et son équipe ont pris le club et ses supporters de haut, accumulant les gaffes et regardant de travers l’identité “nantaise”. Les quatres saisons passées en Ligue 2 ont rendu un peu d’humilité et d’humanité au président et à son fils que l’on voit régulièrement avec les joueurs. Franck Kita est quelqu’un d’ouvert. Mardi soir, lors de la victoire du FC Nantes en 16e de finale de la Coupe de la Ligue face à Lorient (2-0), il a offert un maillot du club à Pierre Ménès, tout en le félicitant pour les huit jongles réalisés au CFC.

De la musique à tue-tête lors de la préparation des matches

Blagues, musique à donf, chants en tout genre, le vestiaire nantais s’amuse et ce grâce au pouvoir de la musique. Un poste avait d’ailleurs été acheté en 2011-2012 à l’initiative de Sylvain Wiltord et depuis il ne quitte plus le vestiaire nantais. “On met du hip hop, du RNB, mais je bouleverse les codes avec du reggaeton, du zouk…” expliquait Fabrice Pancrate dans l’Equipe du 25 octobre. La musique fait partie du vestiaire et Michel Der Zakarian s’en est accomodé. “La musique c’est leur kiff et ça ne me dérange pas” avoue ce dernier. Bientôt “Der Zak” va se muer en DJ à la fin du match si ça continue … ou en jardinier !

L’entraîneur cueille des champignons après l’entraînement

En jardinier ? Pourquoi pas. Michel Der Zakarian est un entraîneur atypique. Dur et rigoureux quand il s’agit de mettre ses ouailles à l’effort, cet amoureux du sud s’est adapté à la douceur du climat nantais. Proche de la nature, on apprenait récemment que le coach nantais part cueillir des champignons le dimanche, après l’entraînement. Un entraîneur original donc, sans doute à l’image de certains de ses joueurs. Suivez notre regard…

Fabrice Pancrate en costard sur le terrain

C’est bien de l’ex-parisien dont on parle. Fabrice Pancrate ne joue plus beaucoup cette saison mais son rôle au sein du collectif est important. Il est le relais principal des discours de Michel Der Zakarian et sa parole de sage passe bien auprès du vestiaire nantais. A tel point que la semaine dernière, alors qu’il ne faisait pas partie du groupe nantais pour affronter Lille (0-1), il est venu sur le terrain habillé de son costume et de ses chaussures vernies pour motiver les “Canaris” tel un chef de guerre. C’est aussi lui qui met l’ambiance. La saison dernière, on le retrouvait à la tête du fameux Harlem Shake nantais, véritable buzz sur le net. Un homme à tout faire qui aime son club et sa ville plus que tout. Comme Lucas Deaux, le premier supporter-joueur de l’histoire de la Ligue 1.

– Lucas Deaux, un joueur-supporter

“On a battu les galettes saucisses”, en parlant de Rennes. Voilà LA phrase que tous les supporters nantais ont retenu. Elle sort de la bouche de Lucas Deaux, qui a toutes les qualités pour être un parfait fan du FC Nantes. Le joueur aime ses supporters et réciproquement. S’il est aimé c’est à la fois pour ses nombreuses déclarations d’amour, mais aussi parce qu’il applaudit le public à chaque fin de match et sur twitter il répond à ses fans quand il ne poste pas une photo de lui avec le drapeau nantais sur sa terrasse ! Les supporters nantais ont bon goût et sont eux aussi décalés.

– Des supporters inventifs (tifos, nouveaux chants, culture ultra non violente…)

En Ligue 2, le malaise était palpable à la Beaujoire. En cause, les résultats décevants et la politique de Waldemar Kita, jugée trop lointaine de l’identité nantaise. La bonne nouvelle est que cette saison la Brigade Loire99, principal groupe de supporters a décidé de mettre en veilleuse sa contestation face au président (il reste une banderole) pour soutenir le club intégralement. Résultat : depuis le début de la saison, la tribune est pleine et tous les observateurs sont d’accord pour dire qu’elle est impressionnante. Désormais, la tribune Erdre répond aux chants de la tribune Loire, les tifos sont immenses, beaux et parfois émouvants si l’on pense à l’hommage fait à Jean Vincent lors de Nantes – PSG (1-2) et les chants sont renouvelés très régulièrement. Michel Der Zakarian n’a pas hésité à parler de “mur jaune” lors du déplacement à Rennes où des milliers de nantais ont rendu sourd le public du Stade de la Route de Lorient. Un kop en Erdre pourrait bientôt voir le jour et un nouveau chant à la gloire d’Alejandro Bedoya, l’Américain du FC Nantes, est à l’étude.

L’irrésistible ascension sur les réseaux sociaux

Pour faire court. Le FC Nantes était sous-représenté sur les réseaux sociaux. Lors de son arrivée en Ligue 1, le club était dans la deuxième partie du classement en terme de followers sur twitter et de “like” sur facebook. Le compte twitter est passé de 17 000 en juillet à plus de 37 000 followers aujourd’hui alors que le compte facebook dépasse les 71 000 fans, deux fois plus qu’au début de l’été. De nombreux comptes animent la toile nantaise avec notamment les @FCN Anonymous, “FC Nantes, Plus qu’un club”, “l’album photo des supporteurs du FC nantes”, “A la nantaise”, “Jaune de foie”…

Arnaud BOISTEAU