Le bâton de Nasazzi, ça vous parle? Derrière ce nom étrange, tiré du nom du capitaine de l’Uruguay vainqueur de la Coupe du monde en 1930 (José Nasazzi), se cache un trophée non-officiel pour le moins particulier. Ce “bâton” se transmet comme dans un relais à l’équipe qui bat le précédent propriétaire. L’Uruguay en a donc été le premier détenteur puis le Brésil, l’Espagne, l’Italie etc… Magie du sport, il est déjà passé par les lieux les plus improbables comme le Zimbabwe ou les Antilles Néerlandaises. La France l’a obtenu à sept reprises dans son histoire. Les règles et le palmarès sont disponibles ici. Plus de 80 ans après sa création, c’est en Russie que se trouve aujourd’hui le bâton de Nasazzi.

Chez Eurosport, on trouve le procédé intéressant, puisque la valeur d’une équipe championne du monde a bien le temps de décliner entre deux éditions de Coupe du monde. Du coup, il nous semble logique de réinitialiser le titulaire du bâton à chaque Mondial. Quitte à renommer la dernière édition bâton de Casillas, si vous préférez. On a donc remis les compteurs à zéro après la victoire de l’Espagne sur les Pays-Bas (1-0, ap), lors de la dernière édition en Afrique du Sud (2010). Et “notre” bâton de Nasazzi ne sera pas au Brésil au mois de juin puisqu’il est actuellement la propriété… du Qatar !

Comment est-il arrivé là ? A vrai dire, très rapidement (5 pays traversés) car en prenant la direction de l’Asie, notre bâton n’en est pas reparti. Après le succès de la Roja à Johannesburg, il a pris la direction de l’Argentine, vainqueur du tenant du titre dès le mois de septembre en amical (4-1). Le mois suivant l’Albiceleste l’a cédé au Japon (1-0) qui l’a lui-même lâché à la Corée du Nord (1-0) en novembre 2011. Il y est resté près de deux ans jusqu’à une défaite des Coréens face au Koweit en septembre dernier (2-1). La Jordanie l’a subtilisé le 1er janvier (2-1) avant que le Qatar ne se l’approprie ce mardi en finale du championnat d’Asie de l’Ouest (0-2)!

Si le bâton de Nasazzi avait la notoriété qu’il mérite et s’il était (logiquement…) remis à zéro à chaque Coupe du monde, cela aurait été un sacré clin d’oeil pour le petit émirat, organisateur de la Coupe du monde 2022, qui tente de s’acheter une crédibilité dans le monde du football. Il est assuré de le conserver au moins jusqu’à son prochain match amical face au Bahreïn (5 mars). La suite du parcours passera par le Brésil avec le nouveau champion du monde. Un petit pari sur le détenteur de “notre” bâton de Nasazzi le 13 juillet ?