C’était une disgression politiquement très incorrecte. Si incorrecte qu’elle agite la toile deux jours après avoir été prononcée. Venu à Paris, vendredi, pour parler de l’Euro 2016, Michel Platini s’est fendu d’une mise en garde très dispensable au peuple brésilien, quand il s’est risqué à évoquer la Coupe du monde 2014. Selon le président français de l’UEFA, les manifestations sociales des Brésiliens risquaient de trop salir leur image à quelques semaines de la Coupe du monde.

Reproduits au mot près par Pascal Praud samedi, cela donne : “Faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde, qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays, leur passion pour le football et que, s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, ce serait bien pour le Brésil et pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après, on ne maîtrise pas, quoi.

Une sortie malvenue qui a suscité bien des réactions sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes relevant d’ailleurs que les médias l’avaient peu relayée, et s’en étaient encore moins indignée.

Il a fallu 24 heures pour que l’édito de Pascal Praud sur le Point.fr, corrige ce silence. Dans son billet, l’agitateur des plateaux foot s’étonne de la clémence dont bénéficie Michel Platini. Il relance le débat autour de sa personnalité et de ses déclarations fracassantes. Extrait : “Le Brésil, c’est le folklore, Copacabana, une carte postale, un monde magique, des plages et des filles. S’il vous plaît, rangez vos pancartes et faites la fête. On vous a choisis pour ça. C’est un ordre. Souriez, dansez chantez. La Fifa vous regarde.

L’édito de Pascal Praud

Parmi les nombreux messages d’approbation consécutifs à cette parution, on relèvera qu’Estelle Denis sent le président de l’UEFA capable d’abolir les manifestations en France. Bon courage. Comme dirait Platini, “mais bon, après, après, on ne maîtrise pas, quoi.”