Avec la L1, il faut bien se l’avouer, ce n’est pas tous les week-ends le grand spectacle. Mais parmi les charmes d’un Championnat qui se cherche un peu derrière le PSG et Monaco, il y a celui de personnages hauts en couleurs, francs, réguliers dans la mise en scène d’eux-mêmes. Ils sont bons sur le terrain ou derrière le micro. Et avouons-le, on regarde aussi le Championnat pour avoir de leurs nouvelles. Top 10.

1. Zlatan Ibrahimovic

Comme une évidence. “Seul Dieu peut me juger”. Son tatouage sur le flanc résume le personnage. Entre ses high-kicks et ses coups de sang, Ibrahimovic s’est aussi fait remarquer pour ses frasques. Attaquant vedette du PSG, il a grandi dans une cité de Malmö. C’est là qu’il est devenu ce qu’il est, une grande gueule et un grand joueur. Sur et en dehors des terrains du Championnat de France, il régale l’assistance de buts et de frasques dont lui seul a le secret. Compilation loin d’être exhaustive de ses plus belles inconduites.

– Après avoir été sifflé par le Parc des Princes pour une prestation en demi-teinte : “Le public est très exigeant. Ce qui est étrange au regard de ce qu’ils avaient par le passé. Parce qu’avant, il n’avait rien.”

– Lors de sa conférence de presse de présentation au PSG : “Je ne connais pas beaucoup la L1 mais la L1 sait qui je suis.”

– A ses partenaires, lors de la mi-temps d’un match PSG – Troyes ( Victoire 4-0 ) : “Même mes enfants jouent mieux que vous.

– On n’embrasse pas Zlatan en plein match, Renato Civelli l’a appris à ses dépens lors de la 33e journée de Ligue 1 la saison dernière.

Rien n’arrête Zlatan… Sauf le nombre limité de caractères autorisés par Twitter (140 signes). Qu’à cela ne tienne, l’attaquant du Paris Saint-Germain a posté un message à l’attention des dirigeants de Twitter pour leur demander de changer les règles pour lui. C’était évidemment une nouvelle opération savamment orchestrée par Nike dans le cadre de sa campagne Dare To Zlatan, lancée lorsque le but du Suédois face à l’Angleterre avait été élu plus beau de l’année.

Au Camp des Loges, c’est Zlatan qui obtient la peau du cuisinier. Selon une indiscrétion du Parisien, c’est lui qui a obtenu que Stéphane Michon, le chef des cuisines, se rende à présent tous les jours au marché ou chez les commerçants de Saint-Germain. C’est enfin lui qui a négocié en direct la prime d’un million d’euros par joueur qui sera attribuée à chaque joueur en cas de victoire en C1. Zlatan a 32 ans et on sent qu’il va bientôt nous manquer.

2. Pascal Dupraz

Homme du cru, Pascal Dupraz est la figure paternelle d’Évian Thonon Gaillard depuis plus de dix ans. Entraîneur, puis directeur sportif, il est de nouveau entraîneur depuis septembre 2012. Son franc-parler, sa franche communication, ses déclas fracassantes en font un client parfait pour les journalistes. Jamais avare d’un bon mot, d’une déclaration surprenante ou ironique. “Ce n’est pas ce que je cherche, explique pourtant Dupraz. Les journalistes, c’est un passage obligé. Ça fait partie du métier. L’objectif, c’est d’être le plus sincère possible. Je ne m’embarrasse pas avec les règles ou ce qui peut paraître convenable.”

L’avantage, avec lui, c’est aussi le contre-pied. Quand l’ETG a fait tomber le PSG lors de la 16e journée de Ligue 1, on s’attendait à voir un Dupraz en furie. Aucunement. “C’est une soirée mitigée, car lorsque notre équipe manque de constance, cela ajoute à ma colère et quand je la vois livrer un tel match, je me dis que mes joueurs sont pénibles.

Le mois dernier, à l’issue de la victoire d’Evian face à Nantes (2-0), il ne s’était pas attardé après le premier succès de son équipe depuis décembre en championnat. Juste le temps de pousser une grosse colère : “Je suis content parce que l’espace d’un instant, tous les mécréants vont fermer leur gueule. Et ça, ça me plaît. Et j’espère qu’ils vont encore fermer leur gueule un paquet de fois. Jusqu’à la fin de saison” avait-t-il “lâché” avant de s’esquiver. Dupraz s’est ensuite excusé pour “ne pas avoir donné le bon exemple à la jeunesse. ” Mais il donne l’exemple à Evian-Thnon-Gaillard, et on le suit de près pour ça.

3. Claudio Ranieri

Méconnu du grand public et de la France du football, l’Italien Claudio Ranieri est un coach à part dont le parcours a connu plusieurs zones de turbulences. Un technicien discret et différent. Tapi dans l’ombre à l’AS Monaco, l’Italien refuse la lumière et les sollicitations. Mais une fois en conférence de presse ce n’est plus le même homme. Il répond souvent avec esprit et humour dans un franco-italien attachant. Florilège.

Le jour où Ranieri a énervé tout le monde

 

4. Wissam Ben Yedder

Difficile de faire parler de soi en ce moment en L1 quand on ne joue pas au PSG ou à l’AS Monaco. Wissam Ben Yedder réussit cette performance, loin d’être anodine. A 23 ans, l’ancien international Espoirs fait parler la poudre sur les pelouses de L1.

Impliqué dans la virée nocturne des Espoirs en marge du barrage pour l’Euro 2013 contre la Norvège, Wissam Ben Yedder a connu quelques mois difficiles lors de l’hiver 2013 mais n’en reste pas moins un technicien hors pair capable de gestes techniques remarquables, directement issus du futsal.

Dernière pépite, Wissam Ben Yedder pensait avoir trouvé la parade pour éviter le carton jaune en cas de but face au PSG le 23 février dernier: mettre un deuxième maillot identique sous le premier pour pouvoir l’enlever et le jeter à ses supporters sans crainte.

 

5. Abdul Majeed Waris

Ne vous y trompez pas, derrière son visage poupin et son large sourire, le jeune international ghanéen Abdul Majeed Waris, 22 ans, impliqué sur 7 des 8 derniers buts de Valenciennes depuis son arrivée dans le Nord en janvier, est un buteur déterminé.

C’est un tueur. Il ne pense qu’à marquer et ça se voit dans son attitude. C’est LA bonne recrue“, juge son coéquipier Eloge Enza-Yamissi.

Les statistiques du petit attaquant (1,72m, 70 kilos) confirment les paroles du milieu valenciennois. Depuis son arrivée au mercato hivernal, Waris a déjà offert deux passes décisives et marqué six fois. Une adaptation express.

Ses qualités physiques impressionnent. “Ça fait longtemps que je n’avais pas vu un joueur aussi puissant“, ajoute Enza-Yamissi.

Bonne pioche du côté de Valenciennes, car à n’en pas douter, le club aura besoin de lui d’ici la fin de saison.

6. Jean-Louis Triaud

Jean-Louis Triaud est un président atypique. D’abord c’est un président bénévole. Ça vaut ce que cela vaut, mais on se doit de le préciser. Jean-Louis Triaud est président des Girondins de Bordeaux depuis 1996 et ancien tonnelier, il a racheté des parcelles de vigne en difficulté dans le Médoc et les a exploitées au mieux. Il est encore le propriétaire et le gérant des châteaux Gloria et Saint-Pierre, deux domaines viticoles situés à Saint-Julien-Beychevelle, en Gironde. Son franc-parler fait de lui une personnalité indissociable de notre championnat.

Dernière tirade mémorable en date après la 27e journée de Ligue 1 et la défaite à Sochaux (2-0). “Après ce que j’ai vu ce soir, je suis presque fâché après le football. C’est une horreur. Jamais je n’ai vu un match aussi nul, avec aussi peu d’imagination créative, aussi peu d’investissement, aussi peu de réflexion dans le jeu, des garçons qui sont étirés sur toute la longueur du terrain, qui ratent des passes, incapables de réagir, dominés physiquement, alors que l’on a quelque chose d’intéressant à jouer. Nul, quoi. Il n’y a rien de positif qui ressorte de cette soirée“.

Et ne vous avisez pas d’évoquer une qualification européenne pour les Girondins. “Non, non, je ne crois plus à rien du tout. J’espère le maintien et l’on va attendre la saison prochaine. (…) On devrait prendre ce match à bras-le-corps, presser haut, en bloc, autant de choses que l’on est incapables de faire alors que l’entraîneur le répète à longueur de journée. À croire qu’ils ne comprennent rien et qu’il faut leur parler dans une autre langue. Parce que le français, ça ne leur rentre pas dans la tête“, avait-t-il conclu, dépité.

Avec Triaud comme président, l’ambiance au Haillan ne risque pas de s’édulcorer…

7. Christian Gourcuff

Christian Gourcuff est l’entraîneur historique du FC Lorient, qu’il a accompagné dans toutes les étapes de son développement depuis 30 ans. De la division d’honneur à la Ligue 1, la figure tutélaire des Merlus a toujours tenu le cap d’un projet de jeu ambitieux, révélant au passage de nombreux footballeurs. Petite ville, petit budget, petit stade, la réussite du club tient beaucoup à la personnalité de son entraîneur. Un homme qui pourtant dénote lui aussi dans le milieu. Tout à la fois intellectuel, artiste et cartésien, cet ancien prof de maths propose le jeu le plus audacieux mais aussi le plus construit de France. Gourcuff, c’est tout d’abord le vrai Breton, concentré, fidèle, modeste, convaincu et têtu. Il ne parle pas pour ne rien dire. S’il est capable d’exploser de colère (rarement), ne lui demandez pas d’exploser de joie sur un but ou une victoire. Il y a clairement un style Gourcuff, un personnage.

Un personnage qui, par exemple, peut affronter son président par voie de presse quand un transfert ne lui plaît pas et, par la suite, faire la moue face aux propositions de prolongation de contrat qui lui sont soumises. Pas plus tard que mercredi, il a reçu, chez lui, à Hennebont, quelques journalistes en petit comité. Dans le salon, près du feu de cheminée. Entre deux rappels à ses trois chiens, des carlins nommés Basile, Félicie et Firmin, Christian Gourcuff a pris le temps de s’exprimer et d’expliquer qu’il n’avait pas pris de décision concernant la prolongation de contrat qui lui a été adressée.

On en oublierait presque son jugement sur les tâches-clefs du rôle d’entraîneur et le fait que certains puissent s’en soustraire, citant Laurent Blanc, le coach du tout-puissant PSG. “Pour moi, un entraîneur, c’est quelqu’un qui travaille dans le domaine technique. Or, il y a des entraîneurs qui n’entraînent pas. Comme Laurent Blanc à Paris, où c’est Jean-Louis Gasset qui s’en charge. C’est un modèle qui ne me plaît pas. C’est sur le terrain qu’on construit. Sinon, on ne fait que de la com’. Un entraîneur qui ne maîtrise pas le terrain n’est, selon moi, pas un entraîneur.” Gourcuff entraîne plus qu’il ne fait de la com’…

8. Vincent Aboubakar

Le club breton du FC Lorient vise la première partie du tableau et compte sur son talentueux buteur pour arriver à ses fins. Vincent Aboubakar est le vecteur objectif qui permet de passer d’un monde à l’autre : 12 buts en L1 cette saison.

L’an dernier, Aboubakar a seulement inscrit deux buts avec Valenciennes, son ancien club : “Des fois, il faut prendre du recul pour savoir si tu mérites le métier que tu fais. L’an dernier, je me suis posé la question…”. En Bretagne, il donne l’impression de tendre l’oreille en permanence, aux joueurs, à l’entraîneur et se sent plus épanoui sur comme en dehors du terrain.

9. M’Baye Niang

”L’enfant terrible du foot français”. L’expression est connue. Elle sied à merveille à M’Baye Niang. Outre son talent, le joueur s’illustre également pour ses nombreuses incartades en dehors du terrain. Ces incartades vont trop loin pour ses frêles épaules : il a écopé d’une peine de prison de dix-huit mois avec sursis pour son implication dans un accident de la route, début février.

Ce n’est pas la seule frasque du jeune joueur de 19 ans. Ses bêtises de jeunesse, Niang les réalisait déjà à Caen. C’est son coach de l’époque, Franck Dumas, qui le confirmait à L’Equipe, il y a quelques mois : ”Il conduisait sans permis. Un jour, j’ai demandé à un ami policier de venir le chercher au stade pour le mettre dans le fourgon, pour lui faire peur”.

Tout juste débarqué à Montpellier après un séjour à Milan où il avait continué dans la même veine, Niang n’a pas tardé pas à faire parler de lui. Sur Twitter, en janvier dernier, il relayait des messages d’encouragement postés par ses supporters. Dont un comportant une insulte destinée à son ex-coach au Milan, Massimiliano Allegri. Voyant la polémique prendre de l’ampleur, l’attaquant qui cirait le banc en Italie, tente d’éteindre l’incendie en supprimant le message. Encore. ”J’ai retweeté un tweet qui n’aurait jamais dû l’être, explique-t-il sur le réseau social. Je l’ai effacé dès que je m’en suis rendu compte. Je n’ai jamais voulu manquer de respect. Et encore moins aux personnes qui m’ont fait confiance. Je m’excuse si j’ai blessé quelqu’un. Maintenant, stop aux polémiques inutiles !Mais ça, c’était avant l’accident en Ferrari…

10. Rolland Courbis

Nommé entraîneur de Montpellier après l’éviction de Jean Fernandez, le natif de Marseille cumule les paradoxes. Tacticien reconnu sans posséder le diplôme, Rolland Courbis a fréquemment sauvé ses équipes de la noyade, même si lui-même, s’est souvent noyé.

Courbis est le genre de personnage qui plaît bien aux médias. Son langage coloré et ses grands gestes en font un client parfait. D’ailleurs, si Canal +, France 2, RMC et BFM ont tour à tour sollicité ses services, ce n’est pas par hasard. Outre la puissance médiatique du personnage, sa science du bon mot et son aura ont prouvé leur efficacité dans le vestiaire lors des causeries d’avant-match. On a tous en mémoire l’incroyable victoire de l’OM sur Montpellier, en 1998. A la mi-temps, Marseille est mené 4-0. A l’arrivée, les Héraultais s’inclinent 4-5. Le fait est que, pendant la pause, l’ancien coach d’Ajaccio a su remobiliser ses joueurs.

Récemment, après un nul contre Monaco (1-1), il a grimpé dans les tours sur le sujet de l’arbitrage. “Si dans un match Montpellier-Monaco, le score se termine à 1-1 et que le but de Montpellier est entaché de deux hors-jeu, on en aurait parlé, non? (…) Faut-il un troisième joueur hors-jeu pour que le but soit refusé?”. On en oublierait presque que Montpellier est l’équipe de Louis Nicollin…