Bonne nouvelle ! A minuit ce vendredi soir, finies les rumeurs les plus improbables du marché des transferts : les faux-espoirs, les vraies infos, la dizaine de noms associés au PSG chaque jour, les sempiternelles plaintes des sans-le-sou ou encore les déclarations d’amour hypocrites. Voici un lexique des expressions qui ne vous manqueront pas samedi matin. Mais qui vous seront resservies dès juin. Patience…

1. “SUR LES TABLETTES DE…”

A quel moment? C’est la base pour faire naître une info transfert ou relayer une rumeur. Elle concerne autant le joueur “suivi depuis des mois” que la solution de dernière minute. D’abord le club “pense” au joueur puis il en fait sa “cible” voire “sa priorité“. Si ça fonctionne, le joueur concerné se “met en route vers” puis “se rapproche” dudit club, avant de “filer” vers sa nouvelle destination. En cas de négociation qui patauge, le club “insiste pour” ou “fait le forcing“. C’est souvent invérifiable.

Qui les utilise ? Les journalistes.

Comment ça se termine ? Rarement par un transfert. Plus vraisemblablement par le célèbre “parti pour rester“.

Variantes :Proche de“, “dans le viseur“, “s’intéresse à“, “en route vers“, “garde un oeil sur“, “suit avec attention“. On en cherche de nouveaux pour cet été. Envoyez un tweet à @EurosportCom_FR qui transmettra.

2. “IL EST INTRANSFERABLE”

A quel moment? Pour démentir. Dans la foulée des expressions susnommées. Il y a plusieurs façons d’éteindre l’incendie. C’est selon le protagoniste. Le joueur démentira mollement par un “je suis heureux ici” s’il est intéressé ou par un “je n’ai pas été contacté” plus catégorique. Mais les spécialistes du genre, ce sont les agents et les présidents. Et plus ils sont catégoriques, plus il y a de chance que le contact existe vraiment. S’insurger, nier, c’est aussi le moyen de faire monter les enchères.

Qui les utilise ? Les présidents, actionnaires, directeurs sportifs et autres personnes très, très autorisées.

Comment ça se termine ? Si tout le monde y trouve son compte (sauf l’entraîneur qui perd son joueur), par le transfert de “l’intransférable“.

Variantes : “Il n’y a pas de contact avec“, “ferme la porte à“, “rien n’est fait“, “pas au courant de“, “aucune discussion avec“, “sans fondement“. Personne n’a tenté le “j’arrête ma carrière si…” à la Patrice Evra, mais ça viendra un jour.

3. “JE N’EXCLUS RIEN”

A quel moment? Pour matérialiser concrètement une envie de départ, quand le joueur est interrogé sur une information ou une rumeur qui circule. Alors oui, “il se plait” dans son club actuel, sur les objectifs duquel il reste “concentré“, car il “a un contrat“. Mais avant tout, il “n’exclut rien” (et surtout pas la possibilité de jouer dans un plus grand club ou de mieux gagner sa vie). Parfois, c’est lui-même qui se lance dans l’arène, expliquant qu’il a “besoin de temps de jeu“, qu’il n’est pas “utilisé à son meilleur poste“, qu’il a des “envies d’ailleurs“. Quand ça ne fonctionne pas, il est “prêt à aller au clash“.

Qui les utilise ? Les joueurs à qui il reste un an et demi de contrat qui viennent d’avoir une bonne note dans L’Equipe pendant trois matches consécutifs.

Comment ça se termine ? Parfois bien, souvent mal s’il a usé du fameux “bras de fer” en séchant l’entraînement ou s’il en a été écarté (option huissier).

Variantes :On verra“, “Pourquoi pas“, “Il me faut un nouveau défi“, “une offre qui ne se refuse pas“, “j’y vais pour le challenge sportif“,”je veux découvrir un nouveau championnat“, “J’ai tout donné ici“, “On devait se voir pour une prolongation avec les dirigeants mais je n’ai pas de nouvelles“, etc…

4. “ON DOIT VENDRE POUR ACHETER”

A quel moment? Quand l’entraîneur qui ne peut pas se renforcer répond à travers les journalistes aux supporters qui demandent des recrues suite aux mauvais résultats. Il ne peut pas dire que les caisses sont vides ou que les salaires actuels plombent son budget, alors il utilise le cas pratique du comptable pour justifier l’absence de renfort. Il voudrait pourtant bien “un joueur par ligne“ou lui là, qui “a le profil“. Mais il a les “mains liées” (et ne signe pas les chèques) donc il doit “compter sur les jeunes”.

Qui les utilise ? Entraîneurs ou présidents, la palette est assez large.

Comment ça se termine ? Par deux arrivées en prêt, le cinquième choix sur la liste. Ou rien du tout.

Variantes :”Il faut dégraisser“, “on ne recrutera personne“, “nous n’avons pas les moyens du PSG“, “des arrivées seulement en cas de départs“, “à moins d’une opportunité qui ne se refuse pas“, etc…

5. “C’EST LE CLUB DE MON COEUR

A quel moment? A la présentation du joueur par son nouveau club, une fois “l’accord de principe” divulgué et les réserves de la “visite médicale” levées. Il faut rassurer sur les bonnes intentions, voire expliquer le fameux bras de fer avec le club précédent (pour convaincre que ça n’arrivera pas ici). L’entraîneur qui accueille y va aussi de son petit “c’est le joueur qu’il nous manquait” et “il va beaucoup nous apporter“.

Qui les utilise ? Les joueurs, même ceux qui ont la mémoire courte.

Comment ça se termine ? L’amour dure trois ans sauf dans le football.

Variantes :”Un rêve qui devient réalité“, “Je supporte ce club depuis tout petit“, “c’était mon choix n°1“, “le choix était fait quand j’ai su que le club s’intéressait à moi“, “ce championnat me correspond plus“, bla, bla, bla…

PHILIPPE DA COSTA