Mouilleron-le-captif, commune de Vendée d’à peine 4 700 habitants, accueille le premier tour de la Coupe Davis entre la France et l’Australie ce week-end. Quand elle était tombée en fin d’année dernière, la nouvelle avait intrigué ou fait sourire. Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’un événement international impliquant une équipe de France est organisé dans une ville de cette taille. Certains sports collectifs comme le basket et le hand se prêtent parfaitement à ces “décentralisations”, qui se font dans l’ensemble bien plus rares sur les trente ou quarante dernières années dans les sports majeurs. Tour d’horizon.

LA COUPE DAVIS A L’HABITUDE

On ne compte plus les nombreuses rencontres organisées à Nîmes ou Pau, villes moyennes de province. Mais les petites communes, comme Mouilleron-le-captif cette année, ont déjà eu la chance de recevoir l’équipe de France de Coupe Davis. La première ville hôte de la Coupe Davis en France fût d’ailleurs Deauville, moins de 4.000 habitants, en 1919. En 1926, sa voisine Cabourg (2.000 habitants alors) avait aussi reçu les fameux Mousquetaires pour un match avant que Roland-Garros ne prennent le relais un bon bout de temps. Plus proche de nous et plus incroyable, la petite commune de Moliets-et-Maa dans les Landes (1.000 hab.) peut se targuer d’avoir vu Henri Leconte et Guy Forget en 1986. Bon c’était une demi-finale de deuxième division face à la Bulgarie mais quand même…

HAND ET BASKET, UNE CERTAINE LOGIQUE?

Des sports de province, diraient les mauvaises langues, question de popularité plutôt. Si plusieurs championnats d’Europe ou du monde, de basket et de hand, féminin ou masculin, ont eu lieu dans les régions comme on dit, c’est avant tout pour obtenir des salles remplies. Et de belles salles modernes comme l’Arena Loire (5.400 places) sur la commune de Trélazé (à peine deux fois plus d’habitants) où s’est déroulé une partie de l’Euro basket féminin en 2013. Ou encore le Vendéspace de Mouilleron-le-captif (5000 places, soit autant que la population sur place) qui, après l’EuroBasket l’an dernier, reçoit cette fois la Coupe Davis ce week-end. Ce qui évite par ailleurs d’évoluer dans un Paris-Bercy à moitié vide.

Plus loin, la commune de Mont-Dore (1000 hab.) avait accueilli l’EuroBasket féminin en 1976 en raison de sa proximité avec Clermont où les fameuses Demoiselles dominaient tout. Longwy et Hagondange, en Lorraine, figuraient entre autres parmi les villes hôtes du championnat du monde de hand messieurs en 1970. Amnéville-les-thermes a eu cette même opportunité lors de l’édition 2001.

RUGBY ET FOOT LES RARES EXEMPLES

Il n’y a pas que la popularité et la nécessité de grands stades qui ont empêché les équipes de France de football et de rugby de s’aventurer dans les petites villes. Il y a aussi le fait qu’elles avaient un stade attitré pour les rencontres internationales: le stade de Colombes puis le Parc des Princes et enfin le Stade de France (Evry en 2017 pour le XV de France). Ça n’a pas empêché quelques infidélités.

L’équipe de France de football évoluait régulièrement en banlieue parisienne avant 1930 (Gentilly, Saint-Ouen, Montrouge, Saint-Cloud, Maisons-Alfort…). La plus petite ville où elle a évolué en match officiel dans l’ère moderne reste Guingamp (7 000 hab.) en 2009, pour les qualifications de la Coupe du monde. Quand le XV de France a pu lâcher la capitale ou les grandes villes de province, c’est principalement pour les terres traditionnelles de rugby comme Valence d’Agen (5.000 hab.) en 1973.

LE FOOTBALL FÉMININ, UN CAS À PART

Dans l’ombre de leurs homologues masculins et pénalisées par leur statut amateur, les footballeuses de l’équipe de France ont longtemps dû évoluer dans de très petites villes. C’est moins le cas aujourd’hui mais pour voir les Bleues lors des vingt dernières années, il valait mieux pouvoir situer sur une carte des communes comme Bruay-la-Buissière, Castanet-Tolosan, Ozoir-la-Ferrière, le Petit-Quevilly ou encore Creuzwald.

MAIS AUSSI…

Les championnats du monde de cyclisme sur route à Montléry (1933), Sallanches (1964 et 1980) et Plouay (2000), de ski à Val d’Isère (2009), d’équitation à la Baule (1970), d’aviron sur la communauté de communes du Lac d’Aiguebellettes (1997, bientôt 2015) et de canoë-kayak à Macot-la-Plagne (1969, 1987 et 2012) ou Treignac (1959).