NDLR: Lors de la Coupe du monde 2014, avant le dernier match de poule, il existait une probabilité de tirage au sort pour départager deux équipes: dans le groupe du Brésil et dans celui de l’Argentine, déterminant l’adversaire des Bleus. Nous avions alors imaginé d’autres possibilités pour que la FIFA n’ait pas à y recourir. La confédération africaine, qui va devoir tirer au sort entre le Mali et la Guinée cet après midi (16h) pour déterminer qui affrontera le Ghana en quart de finale de la CAN, pourrait s’en inspirer…

Laisser le hasard déterminer la position des équipes et donc les affiches? C’est encore possible par la simple action de la main humaine et de deux petits bouts de papier. Impensable, non ? Le règlement de la FIFA est pourtant clair. Le tirage au sort est le sixième (et dernier) critère pour départager deux ou trois équipes à égalité dans un groupe derrière:

– La différence de buts générale.
– La meilleure attaque.
– Le plus grand nombre de points dans les rencontres directes.
– La différence de buts particulière.
– La meilleure attaque dans les rencontres directes.

La probabilité est faible mais elle existe. Cela s’est d’ailleurs déjà produit lors du Mondial italien de 1990. Pour déterminer qui de l’Irlande ou des Pays-Bas terminerait deuxième de son groupe, Sepp Blatter, alors directeur exécutif de la FIFA, avait procédé à un tirage au sort en direct à la télévision. Heureusement pour les deux formations, elles étaient toutes deux assurées d’être en huitièmes (les quatre meilleurs troisièmes de chaque groupe étaient qualifiés, NDLR). Aucun avantage ? Si. L’Irlande, “tirée” comme deuxième, avait dominé la Roumanie. Les Néerlandais, champions d’Europe en titre, étaient tombés sur l’Allemagne de l’Ouest, futur vainqueur…

Ce piège du règlement FIFA a été créé en 1954 pour remplacer le match de barrage alors que la différence de buts n’était pas encore prise en compte. Il existerait pourtant plusieurs alternatives. Certaines existent déjà dans d’autres compétitions:

– En Ligue 1, l’un des critères pour départager deux ou plusieurs formations est le nombre de cartons reçus. (page 118). C’est seulement le quatrième alors que la probabilité d’une égalité après 38 journées est logiquement plus faible qu’après trois rencontres. Comment est-il concevable que la FIFA, qui attache une grande importance au fair-play, ne l’utilise pas comme critère, avant même un tirage au sort?

– En Coupe d’Europe, les coefficients UEFA du club et de son pays sur les cinq dernières saisons peuvent intervenir après plusieurs tentatives infructueuses pour départager. Pourquoi la FIFA n’utiliserait-elle pas son fameux classement, tout du moins une moyenne ?

– Autre alternative, qui existe dans les règlements… de l’UEFA : une séance de penalties dans la foulée du match. L’instance ne le prévoit toutefois que si les deux formations concernées jouent l’une contre l’autre leur dernière rencontre et que l’égalité n’en implique (bien sûr) pas une troisième. Sinon, cela peut aller jusqu’au coefficient de l’équipe nationale (Voir page 19).

– Plus compliqué à organiser, la réhabilitation du match de barrage (toujours pour une égalité à deux évidemment). Cela ajouterait 90 minutes dans les jambes – un désavantage certain en huitième – un bouleversement du calendrier et une compétition rallongée. Mais cela reste plus équitable qu’un tirage au sort, surtout si c’est une place en huitième qui se décide.

On pourrait aussi imaginer des propositions plus “farfelues” comme utiliser la moyenne d’âge d’une équipe comme c’est parfois le cas lors des élections ou même, une séance de tirs du milieu de terrain dans des cages vides, pour les deux équipes concernées à distance, le tout en mondovision….