La diatribe de Patrice Evra sur TF1 et la complainte de Gilles Simon dans L’Equipe avaient les mêmes cibles, mais n’ont pas eu le même impact. Et si on inversait les rôles ? Gilles Simon et Patrice Evra ne se connaissent pas. Ils viennent pourtant tous les deux de jeter un pavé dans la marre médiatique. Pour avoir critiqué ouvertement Bixente Lizarazu, Pierre Ménès, Luiz Fernandez et Rolland Courbis, Patrice Evra s’est attiré la foudre de nombreux journalistes et consultants. Gilles Simon a fait de même dans une interview accordée au journal L’Equipe, mais ses paroles sont passées presque inaperçues.

La rédaction du BUZZ, scandalisée par cette distorsion, entend rendre justice au propos du numéro 4 du tennis français. Qu’aurait-il pu dire pour être plus visible ? Parler comme Patrice Evra peut-être… Inversons les rôles pour voir.

Si Simon avait fait du Evra…

Au lieu de parler à L’Equipe, Simon convoque les caméras de TF1 et s’offre son premier 20 heures. L’oeil perçant, comme quand il en veut à tout le monde, il se lâche.

La version officielle : “Le pire, ce sont les consultants, d’anciens joueurs pourtant qui ne racontent que des conneries à l’antenne alors qu’ils n’ont pas forcément fait mieux que toi sur un court, voire beaucoup moins bien“.

La version filtrée par Evra : première victime, Julien Boutter, le consultant de Canal+. “Jules Bouteille est loin d’avoir mon palmarès. Julien Boutter ? Ouais c’est pareil, donc je ne vois pas quelle est sa légitimité à parler de tennis derrière un micro.”

Lancé, Simon lance à la caméra : “Il ne faudra pas le couper au montage“. Puis il enchaîne en visant les figures du service public, qui n’ont pas aimé ses commentaires suite à sa défaite pourtant honorable au cinquième set contre Roger Federer. “De même, Arnaud Flunch passe son temps à me critiquer lorsque je joue alors qu’il n’a rien gagné dans sa vie. Et l’autre, Lionel Chalumaud, lui j’espère bien le choper un jour, comme mon pote Monfils l’a fait une fois. Vous regarderez : depuis, il n’en parle plus jamais. Je le mets au défi de réussir à garder la balle cinquante fois dans le court. S’il y arrive, j’arrête ma carrière. C’est promis.” Et scandalisé qu’on le trouve “moins fort physiquement que Gaël ou Jo” et “moins doué dans le timing que Richard en revers“, Simon conclut. “Mais le pire, ça reste quand même Nelson Moinsfort. Lui, il te parle toujours avec le sourire mais un jour j’ai voulu lui serrer la main hors-antenne mais il ne voulait pas se décoller d’un certain Luigi, je ne sais pas qui est ce Luigi… Je le retiens“.

Si Evra avait fait du Simon…

Ce que Simon aurait gagné en visibilité, Evra l’aurait perdu en parfum de scandale s’il avait mené sa campagne de comm’ autrement. Imaginons : nous sommes à la fin de France – Finlande, Evra répond aux questions de TF1. Quand la question de sa réputation arrive, le latéral se ferme : “Je ne vais pas porter préjudice à l’équipe et vous répondre ce que j’ai sur le coeur. On verra ça à la fin de ma carrière.

C’est pourtant le lendemain, dans Le Monde, tout en maîtrise, qu’il précise sa pensée, en mode Gilles Simon : “Certains commentateurs sportifs qui n’ont pas fait mieux que toi sur un terrain de foot racontent des conneries.” Un Evra en mode tennis, ça donnerait aussi cela : “Les consultants préfèrent mettre en avant le fait qu’Hugo Lloris ne dit jamais rien ou que Franck Ribéry est un joueur exceptionnel, mais moi on me reproche tout le temps d’ouvrir ma bouche alors que je suis l’un des meilleurs sur le terrain.

Une chose est certaine, ces deux-là ne devraient pas se reconvertir en consultant à la fin de leur carrière.