C’est un tweet de Vanessa Gianini (@labrunefootpouf) qui nous a mis la puce à l’oreille.

Tiens, c’est vrai ça. Pour quel sportif de renom la France rendrait-elle un hommage aussi important que le Portugal à Eusebio ? Trois jours de deuil national , une exposition du corps du défunt, ce n’est pas rien. Dans l’Hexagone, c’est le genre réservé aux Grands Hommes. Les obsèques nationales, avec l’option Panthéon, seules les grandes figures (politiques, militaires, écrivains, scientifiques) y ont droit. Quant aux journées de deuil national, commémorées ensuite chaque année, elles concernent les anciens présidents de la Ve République (De Gaulle, Pompidou, Mitterrand) et certains évènements tragiques (attentats du 11 septembre).

Allez donc trouver un sportif qui a autant apporté au pays qu’un Général de Gaulle ou qu’un Victor Hugo. Zinedine Zidane (avec quelques copains à lui) a réussi l’exploit de rassembler un million de personnes, de tous horizons, sur les Champs-Elysées le 12 juillet 1998, après avoir offert à la France la première Coupe du monde de son histoire. C’est un monument du sport hexagonal. L’Etat décrèterait-il pour autant que le pays le pleure publiquement pendant trois jours? Et Jacques Anquetil ? Et Bernard Hinault, recordmen des victoires (5) sur cette institution qu’est le Tour de France ? Sans oublier Suzanne Lenglen, Marcel Cerdan, Eric Tabarly ou encore Alain Mimoun, pour ne citer qu’eux, disparus sans hommage national.

A vrai dire, la question n’est pas de savoir s’ils le méritent mais si la place du sport en France le permet. La réponse est clairement non. En France, aucun sportif n’en a l’envergure. Cette année, à peine quatre figuraient dans le classement des personnalités préférées des Français du Journal du Dimanche : Loeb (14e), Noah (23e), Zidane (29e) et Parker (41e). Aucun d’entre eux, ni aucun autre sportif, n’aura droit à ce qu’Eusebio est en train de recevoir au Portugal, ce que Senna a reçu au Brésil en 1994, ou ce que le Brésil et l’Argentine offriront probablement aux demi-Dieux que sont là-bas Pelé ou Maradona. Leur histoire épouse celle de leur pays.

En France, un grand sportif aura toujours droit aux traditionnels communiqués de la part des hautes sphères ou aux hommages dithyrambiques des médias et de son entourage. Pour mériter mieux, il aurait fallu un sportif ayant accompli l’oeuvre de Zidane et Platini réunis par exemple. Le blogueur GuillaumeTC lui avait donné un visage. Appelons le “Zidini”.

Celui-là aurait peut-être droit aux égards que la panthère noire connait actuellement du côté de Lisbonne.