Fusées, cacahuètes, patates de forain, “Tomahawk”, pralines : les gardiens du monde entier scrutent avec une certaine inquiétude ces frappes venues d’ailleurs. Voici notre top des joueurs qui ont les plus grosses frappes de balle.

  • HAMI MANDIRALI

266km/h. Non,  ce n’est pas la vitesse à laquelle a été flashé Karim Benzema au volant de son dernier bolide, mais bien la vitesse à laquelle a  été mesurée la frappe la plus puissante lors d’un match de football professionnel. Elle est l’œuvre de l’ancien international turc Hami Mandirali, considéré comme l’un des footballeurs ayant l’une des plus grosses frappes de balle, l’ancien joueur de Schalke a donc inscrit le but le plus puissant au monde en club (266 km/h) mais il a également été l’auteur du but le plus fulgurant en sélection avec une frappe chronométrée à 233 km/h face à San Marin.

  • ROBERTO CARLOS

Comme une évidence. Sans aucun doute, le champion des coups francs frappés avec force et effets. Les joueurs de l’équipe de France ont encore en mémoire le missile qui avait transpercé leur défense en 1997, lors d’un match amical France-Brésil préparatoire à la Coupe du monde. Ce jour-là, le défenseur brésilien avait tiré un coup franc phénoménal à 30 mètres des buts du stade Gerland. Un missile à la trajectoire affolante (on voit le ballon partir un mètre à côté avant de revenir) qui avait laissé Fabien Barthez aussi impuissant que spectateur. En entrant dans la cage, le ballon avait été chronométré à près de 100 km/h… Cette frappe de balle est le symbole par excellence du champion du monde 2002 dans l’inconscient collectif. Inspiré par la technique de tir de son compatriote Branco duquel il a très vite été jugé comme le digne héritier, Roberto Carlos a su magnifier cette façon si particulière de frapper les coups francs avec une très grande puissance.

  • PETER LORIMER

Né le 14 décembre 1946 à Dundee (Écosse), Peter Patrick Lorimer est l’ancienne gloire du football écossais. Milieu de terrain offensif capable d’évoluer également en attaque, il fut le buteur de la grande équipe de Leeds United des années 60 et 70 avec laquelle il débuta à 15 ans. Plus de quarante ans après, il est toujours considéré comme l’un des joueurs ayant l’une des plus grosses frappes du football. Elu par les supporters comme le plus grand numéro “9”  de l’histoire du club, il figure parmi l’équipe-type de Leeds de tous les temps. A son palmarès, deux Championnats d’Angleterre en 1969 et 1974, la FA Cup en 1972, la Coupe de la ligue en 1968, ainsi que deux coupes des villes de foires (ancêtre de la coupe UEFA – Ligue Europa) en 1968 et 1971. Malgré quelques escapades notamment au Canada (Toronto, Vancouver), Lorimer restera le porte-drapeau de Leeds dont il est l’ambassadeur depuis avril 2013. Il y disputera près de 700 matches en inscrivant plus de 200 buts dont de nombreuses frappes superpuissantes. Preuve à l’appui…

  • FRANCK SAUZÉE

Un athlète du football. Il débuta à 17 ans sous le maillot sochalien. Joueur polyvalent, il fut tour à tour milieu offensif, stoppeur, libero et milieu défensif, Ce fut l’homme clé de toutes les équipes dans lesquelles il a évolué, que ce soit à Sochaux, à l’OM, chez les Bleus ou à Monaco… Doté d’un bagage technique très complet et d’une frappe phénoménale, il avait crevé l’écran avec les Espoirs français, champions d’Europe 88, en inscrivant plusieurs buts décisifs dont deux en finale contre la Grèce.  Milieu de terrain incontournable de l’OM des années 90, Sauzée était un véritable spécialiste de ces missiles. Son premier du genre, contre Paris en 1989, avait propulsé l’équipe vers le titre. Redevenu olympien en juillet 91 après une saison à l’AS Monaco, il remporta la Coupe d’Europe contre le Milan AC après avoir marqué de nombreux buts durant les phases finales. D’autres missiles, avec Strasbourg ou encore Montpellier suivirent…

  • BRUNO N’GOTTY 

Précoce, Bruno N’Gotty a joué son premier match pro, à 16 ans et 6 mois avec l’Olympique Lyonnais (un septième tour de Coupe de France contre Feyzin), le 19 décembre 1987. Un jour de gloire pour l’OL puisqu’il s’agit également du jour de la naissance de Karim Benzema…Il n’y a pas de hasard. Disparue en 1999, la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe est une compétition que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Bruno N’Gotty, lui, en a déjà 24, en mai 1996, lorsqu’il offre ce trophée au PSG en convertissant un coup franc fulgurant à 30 mètres des buts du Rapid Vienne de Trifon Ivanov. “C’est un peu inné. J’ai fait avec des facultés qui sont ce qu’elles sont. A-t-il déclaré à propos de ses prédispositions (So Foot – Juin 2007). Dès les catégories de jeunes, c’était ça. Pourtant, je ne l’ai jamais travaillé plus que ça. On m’a dit de l’utiliser plus au début, chose que je ne faisais pas. Et puis je me suis mis à frapper et ça marchait.

  • PAUL BREITNER 

Par son charisme, son talent, son palmarès et son anticonformisme, Paul Breitner est l’une des figures historiques du football allemand.   Droitier, “Polo” jouait évidemment à gauche (en défense mais également au milieu de terrain). Une manière pour le latéral allemand à l’esprit libre de repiquer dans l’axe pour placer quelques mines. Les Chiliens peuvent en témoigner, eux qui furent victimes de l’un de ses plus beaux “traumtor”, inscrit de 35 mètres après une séquence de dix passes consécutives, lors de la Coupe du monde 1974. L’Allemand a marqué une génération, avec des tirs qui rappellent le dessin animé “Olive et Tom”, quand le ballon partait tel un éclair et se déformait sur sa course avant de trouer les filets.

 

  • TAYE TAIWO

Taye Taiwo s’est fait une spécialité de ces frappes phénoménales qui ont, en plus, le grand mérite de débloquer des situations compliquées. Des véritables petits bijoux. Une puissance phénoménale couplée à une précision d’orfèvre. Chouchou du public marseillais pour ses frappes de balle, Taye Taiwo fut parfois aussi l’objet de critiques de la part des observateurs. “J’en trouve certaines profondément injustes. Avait réagi José Anigo sur OM TV en 2009. C’est un joueur à la frappe de balle phénoménale. Il est très précieux pour les coups de pied arrêtés”. Il faut dire que le Nigérian est entré dans l’histoire du club marseillais un soir d’octobre 2010 en devenant l’Olympien le plus capé en Coupe d’Europe en disputant 53 rencontres (dépassant d’une unité Mamadou Niang).

Depuis, son record (Taiwo finira son aventure olympienne sur un total de 56 matches en Coupe d’Europe) a été pulvérisé par Steve Mandanda (66 matches) mais personne n’a oublié ses frappes de balle, sur coup franc notamment, des armes redoutables pour lui et pour son équipe. Pour l’international nigérian, tout débuta à Lagos, avec cette anecdote pour le moins cocasse. Alors que le petit Taye n’est qu’un écolier, il impressionne son école par la puissance de sa frappe. Un jour, il assomme littéralement un camarade d’une frappe énorme et l’expédie à l’hôpital. “Les papas et les mamans sont venus devant chez moi. Ils ont commencé à crier et mon père m’a dit que j’allais arrêter le foot. J’ai été obligé de me cacher pendant une semaine.” affirma Taiwo à propos de cette mésaventure. Résultat : il est interdit de foot à la récré !

 

  • MICHAEL TARNAT 

Un latéral gauche à la frappe de sourd. L’Allemand débuta sa carrière à Duisburg au début des années 90, avant de découvrir le haut niveau avec Karlsruhe. Trois belles années puis la consécration : il pose sa griffe sur un contrat du Bayern, mais la concurrence avec un certain Bixente Lizarazu le contraint à évoluer plus régulièrement au milieu de terrain. “Tanne” joue bien, gagne de nombreux titres, balance des « pétards » aux quatre coins de l’Allemagne et finira par découvrir la Premier League en 2003, six ans après son arrivée au Bayern. Il n’y resta qu’une saison, avant de retourner en Allemagne, à Hanovre pour y tirer sa révérence en 2009.

 

  • JOHN ARNE RIISE 

Encore un arrière gauche dans notre classement, à croire qu’il existe une disposition particulière pour les latéraux à posséder une frappe surpuissante. A 17 ans, il quitte son club local d’Aalesund en Norvège après une seule saison pour lancer sa carrière en France, à l’AS Monaco, avec qui il remporta le championnat en 2000 aux côtés de Marco Simone, David Trezeguet, Ludovic Giuly ou encore Fabien Barthez. Il se distingue dès le début par une grosse frappe de balle et un jeu offensif pour un défenseur.

Transféré à Liverpool en 2001, il fait rapidement sensation en devenant un des éléments les plus importants du dispositif mis en place par Gérard Houllier. Régulièrement sollicité par le Français, il garde également la confiance de Rafael Benitez arrivé sur les bords de la Mersey durant l’été 2004,  pour remporter la Ligue des champions en 2005 lors d’une finale mémorable face au Milan AC au Stade Olympique Atatürk d’Istanbul (3-3, victoire de Liverpool 3-2 aux tirs au but). Elu joueur norvégien de l’année en 2006, il est le joueur le plus capé en sélection norvégienne avec 110 capes au compteur. Actuellement à l’APOEL Nicosie après un passage à l’AS Rome et à Fulham, il fait le bonheur du club chypriote.

 

  • ARIE HAAN 

Vous connaissez probablement Ronald Koeman, mais connaissez-vous son prédécesseur à la frappe de mule et au palmarès impressionnant, le Néerlandais Arie Haan, ancien défenseur ou milieu défensif de l’Ajax Amsterdam, d’Anderlecht, du Standard, du PSV et de Seiko Sports Association (Hon Kong) ? Il a remporté trois Ligues des champions (1971, 1972, 1973), une Coupe Intercontinentale (1972) et deux supercoupes d’Europe avec le club amstellodamois (1972-1973), deux Coupes d’Europe des vainqueurs de coupes (1976, 1978), ainsi que deux autres supercoupes d’Europe (1976, 1978) avec Anderlecht. Jusqu’en mai 2007, il est le joueur européen le plus titré en compétitions internationales interclubs (10 titres), avant d’être dépassé par Paolo Maldini.

Arie Haan est aussi parmi les joueurs qui ont disputé le plus de finales de Coupes européennes, puisque, outre les cinq qu’il a gagnées, il a également perdu une finale de Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes en 1977 avec Anderlecht et une autre, en 1982, avec le Standard de Liège (contre le FC Barcelone au Camp Nou). Adepte du “football total” à l’Ajax où les défenseurs n’hésitaient pas à se porter vers l’avant sans se limiter à un rôle purement défensif, Arie Haan s’est distingué par ses tirs lointains, dont un but de près de 30 mètres marqué contre l’Italie face au célèbre gardien Dino Zoff. Un magnifique but, qui qualifia les Pays-Bas pour la finale de la Coupe du monde 1978.

 

  • RONALD KOEMAN

L’héritier. Une brute à la frappe lourde. Des victimes du défenseur néerlandais, la plus célèbre reste Gianluca Pagliuca, le gardien de la Sampdoria, “exécuté” sur coup franc un soir de mai 1992, à Wembley, pendant la prolongation de la finale de Coupe d’Europe des clubs champions remportée par le Barça. Ronald Koeman avait un surnom quand il était joueur : “Robocop”. Un guerrier froid des rectangles verts. Le Néerlandais était connu pour deux choses. Sa propension à marquer des buts, du jamais vu à ce niveau pour un défenseur central, et un jeu rugueux à la limite de la correction. Interrogé sur son efficacité sur ses coups francs il se plaisait à répondre : “le premier coup franc du match je le tire en force dans le mur, ainsi quand je tire le second… les adversaires restent à distance” ça donne le ton, surtout quand on se remémore la puissance de sa frappe de balle.

Lors du quart de finale de la coupe d’Europe des clubs champions du PSV face à Bordeaux en 1988, il défrayera la chronique en France en déclarant après le véritable attentat de son coéquipier Hans Gillhaus sur Jean Tigana : “Ce fut un geste de pure classe. Tigana était le joueur le plus dangereux, et il fallait le neutraliser à tout prix”. Pour avoir fait l’apologie de la violence sur un terrain, l’UEFA décida de sanctionner Koeman à trois matches de suspensions (les deux demi-finales et la finale). Après une réduction de peine il ne manqua finalement que la demi-finale aller face au Real Madrid. Difficile d’imaginer un joueur aussi dur lorsqu’on voit ses traits angéliques… Mais il ne faut pas oublier que Koeman était aussi un incroyable buteur. Près de 200 buts en championnat pour un défenseur central en 17 saisons, soit plus de 10 buts par exercice. Alors certes il tirait tous les penalties et coups francs de son équipe mais pas uniquement, c’était un défenseur avec un remarquable sens du but.

 

Wissem MEBTOUL