Au côté de Marcelo Bielsa, Fabrice Olszewski a marqué les esprits la saison dernière. Bon d’accord, c’était surtout pour ses traductions approximatives en conférences de presse. Reste que le sosie de Bob Sinclar est peut-être le Français qui connaît le mieux l’ancien entraîneur de l’OM. Et son témoignage aussi franc que frais, lundi dans l’émission J+1 diffusée sur Canal+, regorge de pépites. La preuve avec quatre extraits savoureux :

Sa première conférence de presse ? “Complètement bourré”

“Je ne faisais pas les conférences de presse. (…) Je monte dans le salon avec Baptiste Aloé, qui était le 19e joueur. C’est la première fois que j’arrive dans un salon VIP, l’hôtesse arrive et me dit ‘Qu’est-ce que voulez-vous boire?’ et je lui dis ‘C’est possible un whisky-coca ?’ ‘Oui bien sûr, pas de problème’. Je regarde le match et à chaque fois que je vidais mon verre, elle me le remplissait. On fait match nul, c’est un peu tendu. Je descends au vestiaire et là, l’attachée de presse me met la main sur l’épaule et me dit ‘Fabrice, c’est toi qui fait la conférence de presse’. Waouh… Je suis complètement bourré, put…, ça craint.  Je traduis la première question, bien, je regarde les journalistes et là, blanc. Mer…, qu’est-ce qu’il a dit ? C’est quoi la réponse ? Si vous reprenez la première conférence de presse, à mon avis, vous devez voir que ce que je dis, ce n’est pas vraiment ce qu’a dit le coach.”

Le 4 septembre 2014, Bielsa charge son président, Vincent Labrune, au cours d’une conférence de presse devenue culte : “On savait que ça allait péter”

“J’ai vu le coup venir. On voyait bien que le mercato ne se passait pas comme on voulait. J’ai averti le président en disant que le coach n’était pas content. C’est un peu comme un joueur de poker, à un moment, il va sortir un as. Le président m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’il avait l’habitude de ces situations. Dans le staff technique, tout le monde savait que ça allait péter, c’était obligé. (Bielsa) s’est senti un peu floué par la manière dont on lui a présenté le projet. Le président faisait tous les efforts pour l’arranger, mais c’est comme essayer de mélanger l’huile et l’eau, si personne n’y met du sien, ça ne marche pas”.

Bielsa lui propose… d’être directeur sportif !

“Le coach était un peu énervé car il trouvait que les discussions avec les joueurs n’allaient pas assez vite. Je lui ai dit ‘C’est normal, c’est le président qui s’en occupe et il n’a pas que ça à gérer. Il manque un directeur sportif dans l’organigramme’. Il me dit ‘Ah ouais t’as raison’ et presque arrivés à l’hôtel, il me dit ‘Tu ne veux pas devenir directeur sportif ?’ Là, j’ai éclaté de rire, ce n’est pas possible.”

Bielsa, complètement “loco”    

Lors d’un entraînement, Momar Bangoura ne comprend pas un exercice. “Je dis ‘coach vous voyez bien que ça ne marche pas’. Ce qui l’a mis en colère, c’est que je lui ai dit qu’il abusait de son pouvoir. Il est tout de suite parti dans les tours. Il me dit ‘On va régler ça par une discussion’. On arrive en haut et il me dit : ‘Bon ben maintenant, on va régler ça à coups de poing parce que c’est la seule manière’. J’explose de rire et je m’en vais. Il s’est excusé après, moi aussi.”

 

Rémy de Souza
@LaSouz