SI LA METEO N’EST PAS LA STAR COMME À NAGANO

Souvenez-vous. Des reports, des annulations, un téléviseur rempli de neige (de vraie cette fois) et la voix de Pierre Fulla en boucle rappelant l’évidence : “On ne voit rien !” Et dire que vous vous étiez levés en pleine nuit… Les organisateurs des JO de Nagano (1998) s’en arrachent encore les cheveux de ce blizzard qui avait perturbé les épreuves.

A Sotchi, station balnéaire de la mer Noire, ça ne risque pas d’arriver. En revanche, la douceur va-t-elle poser des problèmes pour la neige et les épreuves de ski alpin ? Pas selon Philippe Jeanneret, présentateur de la météo en Suisse (RTS), qui explique sur son blog que les sites de Krasnaya Polyana et Rosa Khutor bénéficient d’un microclimat plutôt froid dans cette région subtropicale. On croise les doigts.

SI LA FRANCE NE SE PLANTE PAS COMME À LILLEHAMMER

On aurait pu aussi dire Sapporo (72), Innsbruck (76), Lake Placid (80) ou encore Sarajevo (84), période de vaches très maigres où la France n’a récolté aucun titre olympique. Mais la dernière fois que c’est arrivé, c’était il y a 20 ans, à Lillehammer. Aucune médaille d’or pour un total de cinq seulement, un vrai fiasco.

Depuis, ça va mieux. Jamais moins de huit et même 11 breloques à Salt Lake (2002) et Vancouver (2010). Un record. Si la France repart sans récompense du plus beau métal de Russie, c’est par exemple qu’un homme comme Martin Fourcade se sera planté. On n’ose l’imaginer tant le biathlète fait figure de favori pour plusieurs titres. C’est d’ailleurs dans différentes projections de résultats établis récemment.

SI LA RUSSIE ATTEINT EN DOUCEUR SON OBJECTIF DE TOTALE SECURITE

Des périodes sombres, les Jeux Olympiques en ont connues : 1972 ou 1996 pour ne citer que les deux dates où les Jeux ont été endeuillés par un attentat. A Sotchi, le risque existe. Entre la proximité avec des régions instables (Caucase, Daghestan, Tchétchénie) et les récents attentats à la bombe à Volgograd, la tension est latente depuis de très nombreuses semaines autour des sites olympiques. Les autorités ont déployé 37 000 policiers dans une ville vers laquelle tous les regards seront braqués pendant quinze jours. Certains participants s’étonnent d’une omniprésence policière. D’autres trouvent au contraire la logistique particulièrement fluide et rappellent les queues interminables de Salt Lake City en 2002, quelques mois après le 11-septembre.

SI LA POLITIQUE NE PREND PAS LE DESSUS COMME… SOUVENT

C’est presque une tradition dans l’histoire olympique. La politique ne connaît pas la trêve olympique, les Jeux étant une vitrine formidable, dans le bon ou le mauvais sens. Ceux de Berlin en 1936 avaient été les Jeux du IIIe Reich d’Hitler. Plus proche de nous, les poings levés à Mexico (1968) des Américains Smith et Carlos pour dénoncer la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Ou encore les boycotts russe et nord-américain en pleine guerre froide. Les uns à Los Angeles (1984), les autres à Moscou (1980).

Pour Sotchi, ça dure déjà depuis des mois. Les appels au boycott ont été nombreux en raison, entre autres, des lois anti-gays proclamées par Vladimir Poutine. Faut-il y aller ? Boycotter ? Utiliser sa notoriété pour montrer son opposition ? A chaque athlète d’apprécier tant que le sport, et avec les valeurs olympiques, ne passent pas au second plan.

SI CES JEUX NE SONT PAS EN KIT… COMME ATLANTA

On les appelait les Jeux “Coca-Cola”. En 1996, les JO d’Atlanta sont ceux des sponsors et de la démesure. Ce qu’on appelle communément l’héritage des Jeux n’existe pas là-bas. Le stade olympique a été partiellement détruit dès le lendemain ou presque pour en faire un stade de base-ball. La ville de Géorgie avait déjà tout, elle n’était qu’une publicité géante.

Et Sotchi ? Ce sont déjà les Jeux d’hiver les plus coûteux de l’histoire (36 milliards), la station de Rosa Khutor, qui accueille le ski alpin et le village olympique, a été créée de toute pièce à partir de 2007, une fois le choix du CIO dévoilé. Qu’en restera-t-il ? Quel bilan écologique pour une région que l’on dit dévastée par les constructions. L’envers du décor n’annonce rien de bon.

PHILIPPE DA COSTA