La course effrénée de Gareth Bale au-delà de la ligne de touche face au Barça, c’est l’occasion de se pencher sur l’un des impondérables du sport : les limites du terrain. Certaines sont plus permissives que d’autres. Parfois, c’est le ballon (ou la machine) qui doit rester à l’intérieur, parfois le sportif. Il y a aussi quelques exceptions. Si le Gallois avait pratiqué un autre sport que le football, son “action” aurait-elle pu aller au bout ? Tour d’horizon.

Si Bale était tennisman…

… Il aurait pu décocher un passing sans que la balle ne passe au-dessus du filet s’il avait été déporté très à l’extérieur. Il aurait même pu la faire passer derrière la chaise du juge arbitre. Mais bon, il aurait fini sa course très haut dans les gradins. En revanche, Bale n’aurait pas pu marquer le point en passant son corps au-delà de la limite du filet. Sa raquette et ses bras doivent rester de son côté du court. Même si le geste débute avant. Novak Djokovic en a fait l’expérience en finale du Masters de Miami à la conclusion d’une volée face à Andy Murray.

Si Bale était basketteur…

… Il n’aurait pas pu poser le pied en dehors des limites avec le ballon puis revenir sur le parquet sous peine de voir l’arbitre siffler contre lui. Au basket, le joueur et le ballon (sauf s’ils sont en suspension) doivent rester à l’intérieur des lignes. A noter que Bale aurait pu marquer en passant le ballon au-dessus du panneau (sans le toucher), par derrière, puisque celui-ci se trouve à l’intérieur des limites. Il aurait aussi eu le droit de faire comme Isaiah Rider : marquer depuis l’extérieur des lignes dans les airs.

Si Bale était rugbyman…

… Il pourrait déborder son adversaire le long de la touche, en tendant à bout de bras le ballon vers l’extérieur pour éviter qu’on ne lui prenne. A condition que ses pieds restent au sol dans les limites et le ballon dans ses mains. Un orteil sur la ligne et l’arbitre sifflerait. Au rugby, le joueur ne peut pas franchir la ligne ballon en main. S’il ne l’a pas, aucun problème. Bale aurait aussi la possibilité d’attraper le ballon hors des limites et de le volleyer avant que ses pieds ne touchent la pelouse. Un peu à l’image de ce treiziste néo-zélandais lors de la dernière Coupe du monde.

Si Bale était cycliste sur route…

… Il se compliquerait la tâche en coupant à travers champs. Il n’aurait pas le droit de toute façon, si ça lui faisait gagner du temps ou des places. Tout juste pourrait-on lui tolérer, comme à Lance Armstrong sur le Tour de France en 2003, afin d’éviter la chute. Sinon, il y a toujours la possibilité pour Bale de faire le trottoir comme Oscar Freire sur le Tour de Suisse en 2006. Et encore, ce n’est pas vraiment sortir des limites puisqu’il reste sur le parcours.

Si Bale était pilote de F1…

… Il aurait, en théorie, la possibilité de couper à travers une chicane sur le circuit. A condition qu’il n’en profite pas pour dépasser un concurrent. Il serait aussi sanctionné si son gain de temps était flagrant (meilleur tour en course par exemple). En revanche, il aurait toujours la possibilité de faire l’extérieur (ou l’intérieur) sur une autre voiture, si ses quatre roues ne franchissent pas les limites de la piste. Romain Grosjean en a fait l’expérience au Grand Prix de Hongrie (2013) en voulant doubler Felipe Massa. Avec simplement deux roues, ça serait passé.

Si Bale était judoka…

… Il pourrait bénéficier des nouvelles règles en vigueur qui permettent à un judoka de finir à l’extérieur des limites du tatami, un mouvement amorcé à l’intérieur. Ce n’était pas le cas avant.

Si Bale était golfeur…

… Il pourrait aller jouer dans le bunker, dans l’eau comme le Français Jean van de Velde en 1999 (vidéo, à partir de 2’10 ou même sur une branche d’arbre s’il avait envoyé sa balle en dehors des limites du parcours.

Si Bale était skipper…

… Il n’aurait pas de limite et pourrait choisir, au gré du vent, la route qu’il estime idéale. Un peu comme mercredi soir face au Barça finalement.

Philippe DA COSTA